Comprendre la loi de Parkinson pour mieux gérer son temps : je t’explique tout

En t’intéressant à la gestion du temps, tu as surement déjà entendu parler de la loi de Parkinson. Peut-être dans le livre « La Semaine de 4 Heures » de l’entrepreneur américain Tim Ferris qui l’a largement popularisé.

Le travail s’étale de façon à occuper le temps disponible pour son achèvement.

Si tu t’intéresses à l’efficacité, et surtout à l’efficience, tu as certainement déjà entendu cet adage.

Bien plus qu’un simple précepte, la loi de Parkinson s’inscrit comme une réalité que tout entrepreneur devrait garder à l’esprit, pour être plus libre et plus productif.

Dans cet article, je te propose des techniques à inclure dans ta routine quotidienne pour contrer la loi de Parkinson. Prêt(e) à en savoir plus ?

La loi de Parkinson : quelques fondamentaux à connaître

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il me semble essentiel de t’expliquer, en quelques mots, l’origine de la loi de Parkinson. Pour cela, il faut revenir quelques années en arrière…

Cyril Parkinson (Cyril Northcote Parkinson pour être exact) est un écrivain et historien britannique né en 1909.

Officier à l’état général durant la Seconde Guerre mondiale, il a également enseigné à l’université de Californie et occupé une place de choix comme président d’honneur de l’université d’Alabama.

Il est l’auteur de nombreux essais, une soixantaine en tout, dont l’un des plus importants : L’évolution de la pensée politique, publié en 1957.

C’est en observant la tendance générale, lors de son passage dans la fonction publique britannique, que Parkinson a remarqué qu’au fur et à mesure que la bureaucratie se développait, elle devenait de plus en plus inefficace dans sa manière de fonctionner.

Cette observation ne s’est pas limitée à la fonction publique, Parkinson faisant le même constat dans d’autres circonstances, en concluant que plus la taille d’une tâche de quelque chose augmentait, plus son efficacité diminuait.

En réalité, une série de tâches relativement simples devenaient de plus en plus complexes au fur et à mesure que le temps imparti augmentait.

À l’inverse, au fur et à mesure que le temps accordé à une tâche raccourcissait, cette dernière devenait plus simple et plus facile à accomplir.

Concrètement, la loi de Parkinson veut que si quelqu’un dispose de trois jours pour accomplir une tâche, il mettra trois jours à la terminer.

En revanche, si le délai pour réaliser la même tâche est plus long, le même individu mettra plus de temps.

Ainsi, la loi de Parkinson s’applique à toutes les tâches du quotidien, qu’elles soient personnelles ou professionnelles. Plus on dispose de temps, plus on prend son temps. C’est aussi simple que cela.

La loi de Parkinson s’applique à tout !

Si les observations de Cyril Parkinson ont été effectuées sur les tâches accomplies par les fonctionnaires britanniques en fonction du temps imparti, ses conclusions sont, en réalité, applicables à tous les domaines.

Prenons un exemple : si tu décides de déménager pour quitter un studio et t’installer dans un F2, tu disposeras d’un espace plus vaste.

Il y a des chances pour que, dans un laps de temps très court, chaque recoin de ton nouvel appartement soit utilisé par des meubles, des bibelots, des objets et autres gadgets… ai-je raison ?

Du côté du porte-monnaie, le principe est le même : plus il y a de liquide à l’intérieur, plus des chances de dépenser de l’argent augmentent. Même pour les personnes qui pensent avoir une gestion parfaite de leurs dépenses.

Même si tu essaies de te convaincre qu’il faut mettre un certain pourcentage de ton revenu de côté chaque mois, les tentations sont nombreuses : un petit cadeau par-ci, un plat à emporter par-là, un vêtement… et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, tout l’argent disparaît.

La loi de Parkinson serait-elle applicable au corps humain ? Il semblerait que oui ! N’as-tu pas remarqué que plus tu manges, plus ton appétit augmente ? Les régimes diététiques ne sont-ils pas conçus pour réduire la taille de l’estomac ?

Inutile d’aller chercher bien loin pour comprendre que la loi de Parkinson a du vrai. Beaucoup de vrai, dans tous les domaines ! Comment en faire bon usage ? La solution est sans équivoque : il faut se fixer des limites.

Fixer des limites dans sa routine pour éviter les effets de la loi de Parkinson

Nous ne sommes que des êtres humains et, à ce titre, nous sommes tous faillibles.

En revanche, nous avons le choix de décider de ne pas être victimes de tel ou tel phénomène, en mettant en place, de manière volontaire et consciente, certaines choses, certaines règles et certains principes.

Maintenant que tu sais que la loi de Parkinson peut t’affecter au quotidien, du saut du lit jusqu’au coucher, dans ta vie privée comme dans ta vie professionnelle, il est important de décider, dès maintenant, les limites à poser pour éviter les effets pervers de cette loi.

Le retard est la forme la plus mortelle du déni (C. Northcote Parkinson)

Le plus simple est d’associer ces limites à ta routine quotidienne, afin qu’elles ne s’ajoutent pas comme des contraintes, mais fassent partie intégrante de tes habitudes au quotidien.

Fixe des délais

A partir du moment où tu fixes des délais et des échéances, tu décides par toi-même du temps dont tu disposes pour effectuer une tâche donnée ou pour te concentrer sur les éléments essentiels d’une tâche en particulier.

Par exemple, si tu as l’habitude de t’occuper de tes tâches administratives chaque semaine, accorde-toi une durée de temps spécifique : une heure, deux heures, trois heures… peu importe.

Cette durée sera bien évidemment fonction de ton activité professionnelle. Au début, limite-toi à une durée plus courte que celle dont tu as besoin actuellement.

Définis des limites de stockage

Inutile d’avoir recours à la méthode Marie Kondo pour fixer des limites de stockage !

Il est important, néanmoins, que tu te rendes compte de ta tendance à accumuler de plus en plus d’objets, jusqu’à ce que tout l’espace soit rempli.

Qu’il s’agisse de livres, de jeux vidéo, de papiers en tous genres, il faut impérativement limiter la quantité de stockage disponible et en fixer les limites.

Limite les portions alimentaires que tu consommes

Aux États-Unis, à New York, il est désormais interdit de vendre des sodas de plus de 47 cl dans les cinémas, les snacks et les restaurants de la ville.

Cet exemple parlant permet d’illustrer l’importance de limiter la consommation de calories afin de minimiser les effets pervers qu’elle entraîne.

À partir de demain, rien ne t’empêche d’opter pour des portions individuelles de snacks et de refuser poliment la version XL d’un menu au Mac Donald’s, même si elle est proposée avec un large sourire.

Souviens-toi également que la quantité des portions de nourriture dans une assiette ou un bol est généralement proportionnelle à la taille de ce dernier. Un petit tour du côté de la cuisine de permettra d’envisager (ou non) de remplacer la vaisselle.

Fixe-toi des limites de dépenses

L’un des dérivés de la loi de Parkinson veut que les dépenses augmentent proportionnellement aux revenus.

La réussite financière ne doit en aucun cas te permettre d’enfreindre la loi de Parkinson. Encore une fois, il faudra poser des limites.

Qu’il s’agisse de limites intégrées à ta routine au quotidien ou d’une nouvelle routine consistant à déposer, chaque mois, une partie de tes revenus directement sur un compte épargne, c’est à toi d’en décider.

Ensuite, bien évidemment, tu es libre de dépenser l’argent qui te reste comme bon te semble, en toute connaissance de cause.

Tu observeras très rapidement une nette amélioration au niveau de tes finances, grâce aux limites d’argent disponible que tu auras fixées.

Quelques pistes pour mettre la loi de Parkinson à profit… pour toi !

Il est très peu probable que quiconque te propose de travailler moins.

Il est encore moins probable que certaines personnes t’incitent à travailler moins. Si tu comprends le principe de la loi de Parkinson et son importance dans la gestion du temps, c’est à toi de l’appliquer au quotidien, autant dans ta routine du matin qu’une fois que tu es installé au travail. Et jusqu’à ta routine du soir…

L’avantage est que tu en percevras très rapidement les effets.

Pour ce faire, il te faut appliquer des limites artificielles afin d’être plus efficace. Voici quelques astuces pour y arriver. Si certaines techniques peuvent sembler banales, dis-toi qu’elles sont faciles à mettre en œuvre et qu’elles contribuent à contrecarrer la loi de Parkinson.

  • Mets le chargeur de ton ordinateur portable de côté et force-toi à accomplir les tâches à effectuer avant que la batterie ne s’épuise ;
  • Utilise la technique Pomodoro, qui consiste à fractionner des tâches en morceaux et à accomplir chaque sous-tâche en une durée spécifique ;
  • Ajoute, à ta routine quotidienne, de l’exercice physique en te forçant à bouger toutes les deux heures ;
  • Au lieu de rédiger une to do list sans fin, applique-toi à décider, dès maintenant, des tâches qui devront être réalisées avant 10 heures du matin. Fais de cette liste ta priorité pour voir tes journées se libérer peu à peu … ;
  • Force-toi à arrêter de travailler plus tôt, en t’imposant une heure spécifique chaque jour.
  • Fixe-toi un programme avec un délai ambitieux, sur 4 ou 8 semaines par exemple, en t’accordant une récompense motivante ;
  • Limite certaines tâches répétitives, comme par exemple le traitement des courriels, à une trentaine de minutes par jour, à heure fixe.

Comprendre la loi de Parkinson revient à mettre en place des limites qui te rendront plus efficace, plus efficient et… plus libre. Cette loi du temps qui s’étire à l’infini est contre-productive, tant dans la vie privée que dans la vie professionnelle. À partir d’aujourd’hui, arrête de t’éterniser. Le compte à rebours a commencé.

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